2023, année historique. Un nouveau procureur général, un nouvel organe de direction avec deux adjoints, une nouvelle instance de surveillance, une nouvelle autonomie administrative et une indépendance renforcée par rapport au pouvoir exécutif. C’est donc un Ministère public vaudois métamorphosé qui a organisé, comme un grand, sa toute première conférence de presse en forme de bilan. Au Château cantonal, tout de même, histoire de ne pas s’aventurer trop loin de ses anciennes racines. L’occasion pour son patron, Eric Kaltenrieder, de sortir des chiffres, d’entonner le refrain de la surcharge et d’annoncer des pistes. Tout en déclarant que malgré, ou peut-être à cause de tous ces problèmes, la fonction «est passionnante».
Cela ne fera pas plaisir à tous ceux qui trouvent que Vaud (comme Genève d’ailleurs), champion toute catégorie de l’enfermement, envoie un peu trop vite et trop longtemps ses délinquants en détention provisoire. En 2023, le nombre de demandes de mise sous les verrous a ainsi augmenté de 8,6% par rapport à l’année précédente. Avec 1532 cas, le nombre de détenus avant jugement et en exécution anticipée de peine a ainsi bondi de 11% et le nombre de jours passés à l’ombre a connu une hausse encore plus forte de 19%. La surpopulation carcérale n’est pas près de baisser.